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 Introspection Malefoyenne

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Drago Malefoy
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Élève de Serpentard

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Introspection Malefoyenne

→ Poudlard, Septembre 1998

Pour rester dans le thème: même perso, mais petit saut dans le temps. Nous sommes après la guerre du septième tome. Les élèves rempilent pour une énième année à Poudlard, histoire de rattraper le gâchis de la précédente. Drago Malefoy n'y échappe pas non plus, et étant donné le contexte, il fait moins le fier.

(Et, oui, dans ma version Blaise Zabini est ouvert et sympa, et je me plais à penser qu'avec Pansy Parkinson ils forment une variante du "trio d'or" ^^)




Le jeune Malefoy traînait dans la classieuse salle commune verte argentée en attendant l'heure du dîner, pensif, le regard vaguement perdu dans la danse hypnotique qu'offrait le feu de cheminée face à lui.

Cela faisait un peu plus d'une semaine que la rentrée avait débuté et la tension était toujours palpable vis-à-vis des autres maisons. Il fallait avouer que la réputation orageuse des Serpentard les précédait, notamment leur rôle dans la dernière guerre, à savoir malfaisant pour certains, et neutre -voire carrément nul- pour l'écrasante majorité.

Ils ne savent rien, ruminait-il.

Et c'était vrai. Les autres élèves n'avaient jamais réellement pris conscience de la pression exercée sur eux durant ce sombre épisode, ni avant d'ailleurs. La pression des parents, de leur camp et leur histoire, le moulage d'une éducation rétrograde qui leur avait assuré un héritage fané, le poids d'un lourd fardeau, d'une voie imposée pour finir comme de vulgaires sbires à qui l'on avait ôté tout libre-arbitre sous le coup de la menace... Un savant formatage dès le berceau qui s'était mué en fatalité. Non, pour les autres élèves ils n'étaient que des lâches. Il fallait bien quelqu'un à blâmer maintenant que le big boss était six pieds sous terre! Et les Serpents étaient tout désignés, servis sur un plateau d'argent pour remplir cette fonction ingrate. Pour supporter ce constant regard accusateur il fallait raser les murs ou se forger une carapace en béton, un art dans lequel Drago excellait. Oh que cette année scolaire promettait...

Pour couronner le tout, McGonagall leur avait assigné des binômes douteux à chaque cours pour "rapprocher les maisons" après ces temps bien sombres. Ainsi, il se retrouvait à côté d'Hermione Granger en cours de Potions ET en Défense Contre les Forces du Mal, près de Luna Lovegood -la "Serdaigle perchée" comme il aimait l'appeler- en Métamorphose et en classe de Botanique, cette dernière ayant sauté une classe grâce à son rôle primordial dans la récente guerre, et enfin avec Ernie Macmillan de Poufsouffle en Sortilèges et Divination.

Deux cours avec Granger jusqu'à la fin de l'année. C'est un cauchemar, pensait-il abattu.

Non pas qu'il la détestait. Du moins, ce n'était pas la raison principale pour laquelle cette idée le rebutait. Il n'avait jamais aimé la Gryffondor, certes, pour tout un tas de raisons qui n'avaient plus vraiment de sens désormais, mais aussi parce que sa personnalité l'avait toujours profondément irrité. C'était épidermique par moment! Il fallait toujours qu'elle se montre supérieure aux autres, et qu'elle sache tout sur tout. Mais aujourd'hui, il y avait une autre explication à sa réticence qu'il ne parvenait pas à nommer. La culpabilité, peut-être...

Il se souvenait parfaitement de la torture que sa défunte tante Bella avait infligé à la jeune femme, et ce de bien des manières. "Sang-de-Bourbe". L'insulte dont il l'avait lui-même si souvent assaillie formait aujourd'hui une cicatrice indélébile sur son bras gauche, sans parler du traumatisme psychologique que cela avait dû engendrer. Lui, qui avait toujours la trace d'une toute autre marque, pouvait aisément la comprendre. Il avait assisté au massacre en spectateur impuissant, accablé par l'écho de ses tourments. Parfois il entendait encore ses cris résonner dans son sommeil, revoyait sa détresse intenable, et souffrait de nouveau avec elle.

Ce soir-là au manoir, il avait réalisé pour la première fois qu'il l'avait toujours haïe d'une manière enfantine. C'est à dire qu'il ne la méprisait pas au point de la voir souffrir sans limite, ou mourir. D'ailleurs il avait presque eu la sensation qu'on martyrisait une de ses amies, à défaut de sa "meilleure ennemie". Après tout, il la connaissait depuis sept années durant lesquelles il avait été très attaché à son rôle d'enquiquineur notoire: il avait adoré la détester avec constance et fidélité. Devoir aujourd'hui affronter son regard en partageant son chaudron était un véritable supplice qu'il aurait préféré s'épargner. La vie était bien moqueuse, alors ce ne devait être que le juste retour de manivelle.

Parmi les cendres et la fumée, les flammes poursuivaient leur danse passionnée dans l'âtre. Le Prince déchu faisait glisser entre ses longs doigts une enveloppe scellée d'un cachet de cire marqué d'un grand M manuscrit. Après ces longues minutes d'autoflagellation, il décida finalement de la décrocheter:

"Mon cher Drago,

A l'heure où je t'écris ces quelques lignes, je ne peux qu'imaginer la difficulté que tu dois éprouver à revenir dans ce château peuplé de souvenirs heureux autant qu'obscurs. Je t'envoie ce hibou dans l'espoir de te redonner le sourire s'il n'irradie pas déjà ton visage, ce tendre sourire que je me plais à imaginer et qui me réconforte.

Je ne pouvais me résoudre à rester sur notre dernière dispute. Il était indispensable que tu reviennes à Poudlard pour affronter la réalité dont je t'ai trop longtemps préservé, j'espère que tu le comprends. Ce que je cherche à te dire et que je m'évertue à penser, c'est qu'il s'agit finalement d'une bénédiction, d'une deuxième chance pour tous les deux. Je veux voir notre renaissance émerger mais ne peux y parvenir toute seule.

De ton côté il faudra te montrer patient, et avoir confiance. Entoure-toi de tes amis. Serrez-vous les coudes avec Blaise et Pansy, et allez vers les autres. Quant à Goyle, tu sais que je ne l'ai jamais franchement estimé mais c'est à vous d'évaluer la valeur de vos fréquentations. Vous pourriez être surpris par ceux qui étaient vos ennemis avant tout ça. Souviens-toi que sans Harry Potter, je n'aurais plus personne à qui adresser cette lettre. Je lui en serai éternellement reconnaissante, alors tâche d'être gentil avec lui et son entourage.

Notre nom ne sera bientôt plus traîné dans la boue, ni entaché par les folies du passé. Je te le promets. Ensemble nous saurons faire bonne figure, mon fils.

Je t'envoie tout mon amour,

N.M."


Il déglutit difficilement en serrant fermement le bout de papier qu'il froissait dans la paume de sa main. Cette lecture lui réchauffait le coeur autant qu'elle le mettait mal à l'aise. Sa mère devait se sentir bien seule au manoir pour lui envoyer sa première missive si rapidement. Il s'en voulait de l'avoir quittée sur un conflit. Elle, qui avait été une épouse et une mère, devait tout comme lui réécrire son histoire. Avait-il seulement envie d'y parvenir? Il était perdu, ne sachant plus qui il était ou ce qu'il aspirait à devenir.

Si Narcissa n'avait pas lourdement insisté, il ne serait certainement pas revenu fouler la pierre glaciale de Poudlard. Elle voulait redorer le blason Malefoy et, cette fois-ci, n'inciterait pas son fils à fuir. Il garderait la tête haute et terminerait ses études dignement, sans l'ombre néfaste de son paternel pour salir son esprit déjà suffisamment torturé. Cet homme qu'elle avait profondément aimé et aveuglement suivi, que son fils avait toujours admiré, était un Mangemort qui avait sali leur nom. Et elle en était en partie responsable. Narcissa avait été trop laxiste, trop soumise, trop effacée, trop longtemps. Trop de trop. La "femme de l'ombre" qui avait "laissé faire".

Aujourd'hui, l'absence de Lucius la pesait autant qu'elle la délivrait. Ils étaient enfin affranchis du tourbillon de noirceur dans lequel il les avait embarqués. Une véritable descente aux enfers... Elle s'en voulait d'avoir vu, impuissante, son bébé grandir dans un tel climat, déconnecté des réalités, dans le mépris de l'autre, intégrant des idées auxquelles elle-même avait longtemps adhéré en grandissant chez les Black. Mais toutes ses fondations s'étaient effondrées peu à peu. Sa soeur, Andromeda, avait su se rebeller suffisamment tôt, tout comme son cousin Sirius. Ils avaient été plus courageux. La mort de l'un et celle de la progéniture de l'autre lui avaient d'autant plus ouvert les yeux sur la vacuité de son dogme. Que de temps perdu, que de gâchis, que de regrets... Et au nom de quoi? Les mots lui manquaient toujours.

Drago était libre désormais, libre de se racheter, libre de ne pas commettre les mêmes erreurs qu'elle. Il était encore suffisamment jeune pour rectifier le tir. Elle voulait qu'il dispose de cette chance, mais c'était à lui et à lui seul de choisir. Choisir d'exploiter ou pas cette opportunité. Cela remettait en questions toute son éducation: il lui faudrait du temps, mais toute la souffrance occasionnée par la guerre l'avait déjà partiellement changé. Drago prenait conscience du caractère à la fois futile, unique, précieux et urgent de la vie. Certaines choses n'avaient finalement que peu d'importance... Comme le sang de Granger par exemple.

Quant à celui qui avait été son modèle de jeunesse, il le répugnait franchement désormais. Ça avait été la grande désillusion. Son père lui avait toujours appris qu'un Malefoy devait suivre ses propres règles avec fierté, sans compter sur personne, et ce dernier avait pourtant laissé un malade mental lui dicter des crimes atroces, devenant un larbin pathétique en dépit du bien-être de sa famille. Et voilà qu'il croupissait à Azkaban. Lucius avait prouvé lui-même toute l'absurdité de son éducation froide et rigide. Aujourd'hui il n'était plus rien, ne laissant à son fils qu'un vide abyssal au vieux goût amer.

Il n'allait pas pour autant lécher les bottes du trio d'or! Ça, il en était hors de question. Drago garderait sa fierté. Il serait juste moins con, ou du moins il essaierait...

- Tu veux un mouchoir mon pote?

Un Blaise Zabini moqueur venait de le surprendre en pleine réflexion.

- Laisse-le Blaise, Drago joue au ténébreux maintenant. C'est son nouveau style! surenchérit Pansy Parkinson.

Ses deux meilleurs amis n'avaient pas besoin de l'interroger pour connaître le poids de ses maux, mais ils savaient comment l'apaiser habilement et, surtout, comment dédramatiser l'insurmontable.

Bien heureux d'être rappelé à l'ordre, le blond leur offra un sourire en coin tandis que Blaise faisait mine de regarder vers le ciel, affichant un air concentré à la manière d'un poète:

- Drago mélancolique, Drago tourmenté... Mais t'es un génie! Ca va faire tomber les filles comme des mouches ça!

- Je n'ai pas besoin de ça pour faire tomber les filles, Blaise, s'amusa le principal intéressé.

- Ahh! On l'a retrouvé! On croyait t'avoir perdu pendant un moment, plaisanta Pansy. Bon, sors un peu de ta léthargie, c'est l'heure de bizuter les première-année.

- Sérieusement? On a rien de mieux à faire?

- Comment?! s'offusqua Blaise face au manque de bonne volonté inhabituel de son complice, c'est la tradition, mon vieux! Et c'est notre dernière année alors autant faire en sorte qu'elle soit agréable.

- Oui ben ça c'est mal barré, c'est pas toi qui dois te taper Neville Londubat pour DEUX cours TOUTE l'année! rétorqua la brunette.

- Héhé non! Moi j'ai la petite Weasley, et figure-toi qu'elle est plutôt drôle en plus d'être sacrément jolie... Dommage qu'elle soit la chasse gardée de Potter. Remarque, je pourrais m'amuser à la draguouiller, juste pour voir.

Les deux autres firent une moue de dégoût que l'Italien métissé ne releva pas. Tout comme Luna Lovegood, la rouquine avait été promue en septième année avec ses camarades grâce à ses talents notables au sein de l'Ordre du Phénix.

- On va pas épiloguer, bougez-vous! Préparez vos baguettes et aspergez-moi ces petits avortons de vos plus beaux Aguamenti avant le dîner! Pronto!

Poussé par ses deux compères, Drago capitula laissant derrière lui ses démons au profit d'une petite plaisanterie qui promettait d'être... humide.

Et la vie continuait...

Pour l'heure, tout était encore flou. Il passerait probablement ses ASPIC avec brio, et entreprendrait d'exercer un métier qui lui est propre. Peut-être ouvrirait-il son propre laboratoire pharmaceutique de Potions...

Le champ des possibles était ouvert, tout comme la voie de sa rédemption.


Codage par Lou Perkins

Mer 17 Mai - 21:15
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