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 Évent des Fondateurs - Lou Perkins

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Lou Perkins
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Élève de Serdaigle - Chargée de Com' / Modération RPG

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Aujourd'hui était un jour à marquer d'une pierre blanche. En véritable petite Serdaigle appliquée, Lou était toute excitée à l'idée de pouvoir discuter avec une figure aussi emblématique que la directrice originelle de sa propre maison et, qui plus est, l'une des fondatrices de cette illustre école. Lorsque Dumbledore avait annoncé qu'ils auraient la possibilité exceptionnelle de poser une question – et une seule - au fantôme de leur tout premier représentant, son coeur s'était emballé. Voilà une opportunité qu'elle ne devrait pas gaspiller!

Rowena Serdaigle était une sorte de mentor pour elle, une personnalité qui la faisait tenir parce qu'elle justifiait pleinement sa différence en la revendiquant. Tout comme elle, elle était réputée pour être mystérieuse et renfermée. Cela devait bien évidemment cacher une certaine sensibilité, mais pour un étranger la carapace qu'elle s'était forgée devait paraître bien épaisse. D'après la légende, elle fuyait la bêtise, raison pour laquelle elle prônait la valeur de l’ « intelligence sûre » en accueillant dans sa maison les sorciers qui ne demandaient qu’à s’instruire. Pour elle, cette forme de sectarisme élitiste se justifiait par la toute puissance d'un intellect anticonformiste qui favorisait la liberté de pensée, et il n'y avait rien de répréhensible à cela. Ceci dit, Lou admirait également la femme derrière la figure publique des bouquins, mais elle devait admettre que ce qui forçait tout autant son émerveillement, c'était son caractère lunatique qui se reflétait subtilement à travers les enchantements donnant vie au château. On disait qu'elle était à l’origine des pièces et escaliers mouvants, ou encore de multiples salles secrètes telle que la Salle sur Demande. D'ailleurs, ce n'était sûrement pas un hasard si la brunette préférait le calme de cette salle à la cacophonie chuchotée de la bibliothèque pour étudier... Toutes ces fantaisies étaient donc son oeuvre, et au yeux de Lou, c'était justement ce qui rendait ce château si épatant. La petite touche qui faisait la différence. Dans le même esprit, il paraissait que leur salle commune contenait d’innombrables pièces secrètes, mais la quatrième-année n'en avait trouvée qu'une toute petite jusqu'à présent. Elle cherchait toujours l'impénétrable et fameux bureau de sa fondatrice, cité dans d’innombrables livres qui alimentaient la légende, mais il demeurait introuvable au grand dam des Bleus et Bronze les plus acharnés. C'était aussi grâce à l'initiative de cette femme que, dans le repère des Serdaigle, on pouvait trouver tout un tas de livres pour inciter les élèves à étendre généreusement leur culture. Lou n'avait jamais mis les pieds dans la salle commune des autres maisons, mais elle était persuadée que leurs étagères - s'il y en avait - devaient être infiniment moins fournies, offrant un contenu moins varié, ou moins pertinent. Pour toutes ces raisons, sa maison était littéralement devenue la sienne, comme un deuxième « chez elle ». Du reste, en 1988, le choixpeau n'avait pas hésité une seconde en sondant son esprit. Serdaigle était apparue comme une évidence, et ce n'était sûrement pas un hasard.

Trêve d'introspection. Le moment fatidique approchait et, même si elle avait son angle d'attaque et l'idée générale autour de sa question, Lou n'en avait toujours pas déterminé la tournure. Elle devrait se montrer maline en la posant ouverte, bien entendu, afin de réunir un maximum d'informations et ne pas se heurter bêtement à un « oui » ou un « non » qui entraîneraient en son for intérieur une frustration extrême. En temps normal, elle en aurait eues un milliard à poser à cette femme pour le moins énigmatique, notamment sur son intégration houleuse parmi les trois autres figures de la fondation de l'école. Elle y aurait fait un parallèle avec son caractère, ses ambitions, et ses propres difficultés en société. Heureusement, grâce à ses manigances avec son fidèle ami Gabriel Truman, sa pensée était recadrée. Sans cette étonnante amitié, cette entrevue serait sans doute tombée dans les travers de l'égocentrisme en passant par de vaines remises en questions existentielles, mais la visée était toute autre désormais. Quelques jours auparavant, les deux joyeux lurons s'étaient retrouvés dans les rues pittoresques de Pré-Au-Lard, avant de tailler une bavette aux Trois Balais. Par un heureux hasard, leur champ de discussions avait rapidement dérivé sur leurs passions communes mêlant histoire, découvertes, et énigmes, soit vers les fondateurs de leurs deux maisons, et plus particulièrement sur les drôles de similitudes qui caractérisaient chacun. Si Lou avait des traits communs avec Rowena Serdaigle, Gabriel n'était pas sans lui rappeler la gourmandise d'Helga Poufsouffle. Du reste, après quelques recherches, il s'avérait que ces deux femmes étaient amies bien avant la fondation de l'école. C'était même Helga qui avait imposé Rowena aux deux autres, à en croire les pages jaunies d'un certain ouvrage, et cette dernière aurait accepté malgré ses prédispositions sauvages, tout comme Gab incitait Lou à sourire à la vie et qu'elle mordait joyeusement à l'hameçon. Qu'avaient en commun les deux femmes exactement? Les valeurs de la justice. Comme eux, une fois encore. Cet effet miroir les avait gentiment fait sourire, et ils avaient décidé de s'y intéresser de plus près. De fil en aiguille, ils en étaient venus à débattre d'un mystérieux bracelet que portait constamment Rowena, si on se fiait à ses portraits. Sept saphirs incrustés dans un épais jonc d'argent, clinquant et impérial, le genre de bijoux que Lou aurait horreur de porter à son époque, bien qu'elle lui reconnaissait une certaine classe mystique et royale. En dehors de son esthétisme daté, c'était surtout l'histoire derrière ce bijou qui leur apparaissait tout à fait fascinante. Truman avait lu quelque part qu'il renfermait des pouvoirs et, plus précisément, que des runes protégeaient son possesseur. Ils se demandaient de quelle manière exactement un bracelet pouvait « protéger » celui ou celle qui le portait. Il devait probablement être ensorcelé au moyen de ces écritures runiques mystiques, mais pas d'un sort classique et accessible à n'importe qui, c'était évident. Ils avaient beau chercher dans tous les livres poussiéreux de la bibliothèque, impossible de trouver davantage d'informations sur la raison de sa création, ses effets, ou sur ce qu'il était devenu à travers les âges. Ils étaient donc dans une impasse et, autre caractère commun, ils étaient têtus. C'est ainsi que les deux amis avaient décidé de lancer leur propre enquête, et de mettre à profit leurs entretiens respectifs d'Halloween pour rassembler les pièces de ce puzzle nébuleux.

Ils avaient déjà quelques éléments pour les mettre sur la voie. Dans les livres, il était dit que les deux femmes avaient créé ce bracelet main dans la main. Pourtant, il n'avait jamais été vu au poignet d'Helga, alors ça aurait aussi bien pu être un cadeau de celle-ci à Rowena... Les sources des historiens étaient-elles avérées? Lou en doutait fortement, d'autant plus qu'un autre élément assombrissait le tableau. Les deux femmes s'étaient disputées. Etait-ce au sujet du bracelet? Postérieur ou antérieur à sa création?  Etait-ce en rapport avec la Dame Grise, sa fille, qui lui avait déjà chipé son Diadème par pure jalousie? Ou bien à l'un de leurs partenaires, Godric Gryffondor ou Salazar Serpentard? Et qu'était-il devenu? Avait-il été détruit? Les pouvoirs qu'il renfermait étaient-ils plus puissants qu'on ne le soupçonnait? Tant de questions demeuraient sans réponse, et les livres n'assuraient rien. Ils avaient donc un objectif : en savoir plus sur les mystérieuses circonstances de cette amitié, l'histoire autour de ce bracelet, et ce qu'il en était advenu. A eux deux avec une question chacun, ils finiraient bien par réunir suffisamment d'éléments pour éclairer leur lanterne. Leur première idée avait été de poser leurs questions de but en blanc : « Qu'est devenu le bracelet aux septs saphirs que vous portiez à l'époque ? » pour Serdaigle, et « Quels sont les pouvoirs du bracelet aux sept saphirs que vous avez créé avec - ou pour - Rowena ? » à Poufsouffle. Ca avait le mérite d'être clair, net, et précis, mais pas moins dangereux et incertain. Les deux élèves se méfiaient d'afficher autant de franchise, et avec raison. Face à un fantôme maussade et irascible, et un autre bienveillant et précautionneux, il n'était pas question de se griller. Leur curiosité pourrait être perçue comme déplacée, voire mal intentionnée, ce qui n'était pas le cas. Deux questions sur le même sujet, à deux femmes qui se connaissaient étroitement, n'était peut-être pas la méthode la plus fine à employer. Ils avaient donc choisi l'option détournée de la ruse. Ainsi, Gabriel se focaliserait sur la partie historique de leur amitié, et Lou sur la partie pratique liée à l'objet qui les unissait, puisqu'ils considéraient d'instinct que les deux devaient être étroitement liées.

Lou avança jusqu'à la petite pièce où sa fondatrice l'attendait. Elle n'était pas anxieuse, mais plutôt excitée. A la question « Avec quel défunt personnage aimeriez-vous converser le temps d'un dîner ? », la plupart des jeunes filles de son âge répondaient le chanteur ou le premier guitariste des Bizarr'Sisters. Pas elle, vous vous en doutez... Si un jour on lui avait dit que son vœu serait exaucé et qu'elle rencontrerait la grande Rowena Serdaigle, elle n'y aurait pas cru. Bon, pas en chair et en os, certes, mais elle se contenterait sans peine de son ectoplasme, rassurée par la promesse de son esprit gardé intact.

Le souffle court, elle poussa le rideau de velours bleu qui les séparait. Elle pénétra dans une pièce à l'atmosphère feutrée, où un fauteuil trônait en son centre.

- Bonsoir mademoiselle Perkins, je vous attendais. Je vous en prie, dit la femme en indiquant le siège.

- Oh... Est-ce bien nécessaire ? Répondit la brunette, faisant la moue en direction du dit-siège. Je veux dire... Vous êtes debout, vous. Je préfère rester à votre hauteur, si ça ne vous embête pas.

Le fantôme esquissa brièvement ce qui semblait être un sourire avant de le faire disparaître sous un masque froid, presque mélancolique. Elle devait certainement apprécier la figure jeune mais pas moins digne qui lui faisait face. De son côté, Lou était sciée par les émotions que dégageait cette grande femme, même sans vie. Comme si des années d'épreuves et de souffrances avaient laissé des traces indélébiles, affaissant les traits de son visage pourtant gracieux.

- La gravité n'a aucune incidence sur moi, justifia-t-elle comme un paradoxe à la tristesse de ses traits, il m'est inutile de me reposer. Mais oui, vous pouvez rester debout si vous le souhaitez.

Wah ! Quel tête-à-tête solennel ! Lou n'avait que quinze ans, et pourtant on la vouvoyait. Elle la vouvoyait. Sans doute les vestiges d'une époque révolue où le respect avait une valeur certaine, même face aux âmes les plus jeunes. Voilà que la jeune fille était encore plus intimidée, maintenant, et ça n'arrivait pas souvent ! Que devait-elle dire, déjà ? Elle ne savait plus trop.

- Vous avez une question à me poser, je présume ? Reprit Serdaigle.

Lou devait absolument se ressaisir. Alors, elle prit une grande bouffée d'oxygène et se lança sans transition.

- Oui. En fait, j'aurais voulu en savoir plus sur votre bracelet. Celui que vous portez dans les nombreux portraits qui vous représentent, avec sept saphirs incrustés, et que vous ne portez plus...

La dame haussa un sourcil en manifestant un léger dédain.

- Ce n'est pas une question, ça. Et tu ne préfères pas savoir, comme tes camarades, si le choixpeau a bien fait de t'envoyer dans ma maison ? Ou me demander un conseil pour ta réussite future ? Pourquoi t'intéresses-tu à ce bracelet ?

Belle entrée en matière, ma vieille, pensa la quatrième-année qui avait, une fois de plus, manqué de tact. C'était pas faute d'avoir retourné la question dans tous les sens avant de débarquer. Qu'importe ! Lou n'allait pas se formaliser face à un caractère similaire au sien. Serdaigle était sceptique ? Soit. Elle connaissait sa réputation glaciale avant de la rencontrer, mais elle pensait naïvement qu'avec elle, ça serait différent. Un peu courroucée, elle allait lui rappeler les règles du jeu, et n'en démordrait pas.

- Je... Non. J'ai droit à une question, et ça sera sur ce bracelet. Je ne vais pas vous mentir, Madame, il m'intéresse parce qu'il est une énigme, et j'aime les énigmes. Je pourrais vous demander si le Choixpeau a bien fait, mais c'est une question dont je connais déjà la réponse : oui, il a bien fait. Je pourrais vous demander un tas de choses sur votre vie passionnante, et me comparer à vous, apprendre de vous, c'est vrai... Mais je pense aussi que c'est une perte de temps, et que chacun fait ses choix selon ses propres convictions, en affrontant ses propres démons. Ce qui a marché pour vous ne fonctionnera pas forcément pour moi, je crois, et franchement je préférerais éviter de poser une question trop personnelle. Ca me mettrait mal à l'aise... Et puis, avec tout le respect que je vous dois, j'imagine que vous avez eu votre lot, non ?

La fillette avait du répondant, ce que l'esprit ne manqua pas de noter. C'était surprenant, mais pas déplaisant, comme converser avec une version antérieure de soi-même. Vu le caractère revêche de l'élève, celle-ci aurait sans doute dû prendre exemple sur les ratés de son mentor justement, précisément pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Mais après ces quelques minutes en tête-à-tête, Rowena appréciait déjà son audace et son obstination. Elle leva le menton, hocha respectueusement la tête, et ignora délibérément la dernière question.

- C'est tout à votre honneur, mademoiselle Perkins, mais qui vous dit que, moi, je serais enchantée de répondre à la question personnelle que vous me réservez ?

Ben oui, tiens. Elle lui posait une colle...

-  ...mais puisque vous en avez le droit... Faites donc. Je n'ai jamais triché. Votre question ?

Lou était surprise. Elle s'était légèrement mise sur la défensive et ne s'attendait pas à ce que son interlocutrice cède aussi facilement.

- Euh... Et bien.

- Réfléchissez-bien, conseilla la dame.

Finalement, elle se demandait pourquoi elle se creusait autant la tête. Faire simple, c'était aussi bien.

- Que savez-vous exactement sur le bracelet aux Sept Saphirs ?

La fantôme soupira.

- Vous devriez vous asseoir.

Lou ne s'exécuta pas.

- Euh... Mais non, vraiment, tout va bien. Merci.

Rowena se mit alors à faire les cent pas, comme si elle cherchait une manière d'aborder les choses correctement, en fouillant dans les tréfonds de sa mémoire rouillée.

- Tout d'abord, sachez que je ne suis pas le genre de femme qui a honte des actes qu'elle a commis. J'assume pleinement qui je suis et mes choix qui ont façonné ma personne, mais je dois avouer que je ne suis pas fière de ce que je vais vous conter. Commençons par le commencement, naturellement. Ce bracelet est issu d'un projet commun avec une amie, et a été conçu à une période bien sombre de ma vie. Une personne qu'il m'était interdite d'aimer avait su me duper. J'avais beau être une sorcière brillante, je n'en étais pas moins une femme avec des sentiments, mais ça reste entre nous. C'était un manipulateur, quelqu'un de profondément mauvais que je n'ai pas su voir autrement que comme un marginal aussi incompris que moi, pour des raisons différentes toutefois. Je n'étais pas facilement impressionnable, mais j'étais chamboulée et n'ai pas su voir le danger. Votre génération qualifierait un tel personnage de pervers narcissique, il me semble, puisque vous ne pouvez vous empêcher de voir des pathologies partout, alors que parfois il n'y a rien de plus que le mal.

- Ah ? De qui s'agissait-il ? la coupa-t-elle.

- Je me contenterai de répondre à votre question, et j'aimerais, si possible, ne pas être interrompue. Sommes-nous bien d'accord ?

- Oui... bafouilla Lou avec déception, ravalant difficilement sa fierté. L'enjeu était trop important, alors elle éviterait de contrarier son seul témoin.

- Cet homme avait une grande emprise sur moi, reprit-elle, et je n'ai pas écouté ma plus proche amie. Des amies, je n'en avais pas beaucoup, mais avec elle c'était... différent. Nous étions opposées mais complémentaires, et elle veillait sur moi pendant que je lui faisais garder les pieds sur terre...

La quatrième-année ne put s'empêcher d'exprimer un rictus naïf en pensant à Gabriel. Parlait-elle d'Helga Poufsouffle ?

- ...c'est cette amie qui s'est inquiétée pour moi Elle voulait me protéger de cet homme, persuadée qu'après mon passé amoureux désastreux, une fois de plus je faisais le mauvais choix. Mon amant n'était pas l'homme le plus tolérant, il détestait les moldus et tout ce qui s'en rapprochait. Ma première expérience désastreuse était avec un moldu, justement. Je vous passerai les détails, là n'est pas le sujet. Le fait est que je ne m'étais jamais remise de cette déception. D'une certaine manière, mon amant a retourné cette histoire pour nourrir ma colère, et me faire adhérer à ses idées. Au fond, je n'y adhérais pas pleinement, mais je me voilais la face. Je minimisais son acharnement, et il ne m'en montrait pas la totalité non plus. Malgré tout, je l'admirais. Je voyais en lui un surhomme, quelqu'un de vaillant qui savait où il allait et ne faiblissait jamais, alors que moi, j'étais fatiguée de faire la dure, et je n'étais plus que l'ombre de moi-même depuis des années. Cet homme, aussi vil qu'il était, me renforçait et m'affaiblissait tout autant en m'écartant de mes proches, en m'utilisant pour le rendre plus grand...

Lou trouvait son récit intéressant, et surtout très surprenant. Il était difficile d'imaginer une grande sorcière telle que Rowena Serdaigle subir – à peu de choses près - le même trouble que les jeunes filles de Poudlard ici-bas. Et puis, elle avait l'air tellement impassible qu'il était difficile de deviner que sous cette carapace se cachait un violent torrent émotionnel. D'autant plus que, jusqu'à présent, elle n'avait toujours pas mentionné le bracelet, alors que sa question était bien axée vers celui-ci. Elle n'était bizarrement pas avare pour donner des détails, elle qui en doutait un peu plus tôt. Elle avait manifestement besoin d'introduire ce fameux bracelet avec un contexte. Ou peut-être simplement de se justifier... L'une des sorcières les plus cotées de tous les temps était aussi une femme. Juste une femme... Dans tous les cas, Lou en était flattée. Elle se sentait toute privilégiée tout à coup, et buvait ses paroles à mesure qu'elle les débitait. En plus, c'était une bonne conteuse. Elle adoptait un ton presque théâtral, comme si elle ressentait ces émotions une seconde fois, comme si elle les avait simplement sorties d'une pensine cérébrale pour l'occasion.

...Et je ne voyais rien. Je me laissais happer volontairement dans son tourbillon de noirceur tandis qu'il exploitait mes forces pour me rendre d'autant plus faible. Ainsi, je me coupais de ma seule amie, mais je portais toujours notre bracelet. Celui qui vous intéresse. Celui que nous avions fabriqué ensemble parce qu'elle avait senti la menace. De mon côté, c'était plus une expérimentation. J'étais toujours partante pour tester plein de choses en matière de magie, et j'y voyais là une belle occasion. J'avais un don pour dissimuler les sortilèges, les rendre indétectables, et elle avait d'excellentes connaissances en runes en plus d'être aussi brillante que moi. En unissant nos forces, nous avons fabriqué un Gardien des âmes perdues. Du moins, nous avons contribué à sa fabrication... Vous devez savoir que les temps on bien changé, et qu'au royaume d’Alba - ce que vous appelez l'Ecosse de nos jours -, Pré-Au-Lard n'existait pas sous cette forme. C'était l'équivalent de l'Allée des Embrumes à Londres, si vous voulez. Un repère de mages noirs qui se développait. Puisque nous voulions quelque chose de puissant qui impliquait de la magie noire, nous avons collaboré avec l'un d'entre eux pour créer ce bracelet, en échange de quelques services que je tairais. Ne vous méprenez pas ! Vous pourrez penser que c'est une solution radicale pour prévoir une future peine de cœur, mais mon amant avait fait de grandes choses, des choses terribles, qui laissaient présager un sombre avenir me concernant. Le fait est que les sept saphirs pouvaient emprisonner sept âmes troublées qui auraient torturé le coeur de son possesseur par la magie. Voilà de quoi répondre à vos interrogations. Je ne vous dirai pas si les saphirs en ont déjà contenues, des âmes, ou s'ils en contiennent toujours, là n'est pas la question. Du reste, je n'ai plus ce bracelet, comme vous le savez. Lors d'une de nos plus grosses disputes, ma fille m'a déjà dit sur le ton de la provocation qu'elle l'avait enterré sur la plus haute colline de Pré-Au-Lard, mais je l'ai pris comme un affront gratuit et sans incidence. Elle ne connaissait pas toute l'histoire autour de cet objet, seulement que j'y tenais beaucoup. Je n'ai jamais pris la peine de le vérifier ou de le déterrer puisque, finalement, il était temps pour moi de tourner la page. J'étais aussi bien sans cet objet sombre autour de mon poignet, et il était préférable de laisser ces souvenirs fânés derrière moi.

Rowena Serdaigle inspira longuement et planta son regard perçant dans celui de l'élève.

- Vous savez tout.

Lou remercia la fondatrice et rejoignit la foule d'élèves un peu plus loin, toujours dans ses pensées. Elle était sans voix. Comment une femme si déterminée avait pu se laisser berner de la sorte par... un homme ? Et que lui avait-il fait, finalement, pour le redouter autant ? Avait-il fini dans le bracelet ? Comment avait-elle pu se frotter de si près à la noirceur ? Et comment Helga Poufsouffle, s'il s'agissait bien de l'amie qu'elle évoquait, avait-elle pu accepter de traiter avec des mages noirs ? La menace devait être plus grande que cela... Un homme manipulateur qui cultivait une haine contre les moldus, réfléchissons... Non... Ca ne pouvait pas concerner Salazar Serpentard tout de même ?! NON. IMPOSSIBLE. Lou refusait d'admettre cette possibilité. Et les deux amies ? S'étaient-elles réconciliées ? Serdaigle n'avait pas mentionné leur dispute, pourtant bien mise en valeur dans les livres. Il lui semblait tout de même qu'elle devait avoir un lien étroit avec toute cette affaire. Aurait-elle éludé la question ? Pourquoi ? Il manquait des informations, c'était évident. Lou était sur sa faim. Peut-être que de son côté, Gabriel en saurait plus...

Elle aurait voulu avoir plus de détails sur les pouvoirs de ce bracelet. Les âmes enfermées, y erraient-elles à jamais ? Et que devait faire un homme "troublé" pour "attaquer le coeur de son possesseur", exactement ?! Qu'est ce que ça voulait dire ? Et puis, la plus haute colline de Pré-Au-Lard, c'était quoi ?

Mazette. La cabane hurlante !

Lun 7 Aoû - 19:17

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Arbre généalogique:
 

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